Ma France à moi elle parle fort, elle vit à bout de rêve, elle vit en groupe, parle de bled et déteste les règles. Elle sèche les cours, le plus souvent pour ne rien foutre, elle joue au foot sous le soleil, souvent du coca dans la gourde.
C'est le hip-hop qui la fait danser sur les pistes, parfois elle kiffe un peu de rock si la mélodie est triste, elle fume des clopes et un peu de shit, mais jamais de drogues dures ; héroïne, cocaïne et crack égale ordures.
Souvent en guerre contre les administrations, leurs BEP mécanique ne permettront pas d'être patron, alors, elle se démène et vend de la merde à des bourges, mais la merde ça ramène à la mère un peu de bouffe.
Parce que la famille, c'est l'amour, et que l'amour se fait rare, elle se bat tant bien que mal pour les mettre à l'écart, elle a des valeurs, des principes et des codes, elle se couche à l'heure du coq car elle passe toute la nuit au phone, elle paraît fainéante, mais dans le fond, elle perd pas de temps, certains la craigne car les médias s'acharnent à faire d'elle une cancre.
Et si ma France à moi se valorise, c'est bien sûr pour mieux régner, elle s'intériorise et s'interdit de saigner.
C'est pas ma France à moi cette France profonde,
Celle qui nous fout la honte et aimerait que l'on plonge.
Ma France à moi ne vit pas dans le mensonge,
Avec le c½ur et la rage, à la lumière, pas dans l'ombre
Ma France à moi, elle parle en SMS, travaille par MSN, se réconcilie en mail et se rencontre en MMS, elle se déplace en skate, en scoot ou en bolide.
Il faut pas croire qu'on la déteste, mais elle nous ment, car nos parents travaillent depuis 20 ans pour le même montant.
Elle nous a donné des ailes, mais le ciel est VIP, peu importe ce qu'ils disent, elle sait gérer une entreprise.
Elle vit à l'heure américaine : KFC, MTV, foot locker, macdo et 50 cent.
Elle, c'est les petits mecs qui jouent au basket à pas d'heure, qui rêvent d'être Tony Parker, elle, c'est les petites femmes qui se débrouillent entre l'amour, les cours et les embrouilles, qui écoutent du raï, r&b et du zouk.
Ma France à moi elle se mélange, c'est un arc en ciel, elle te dérange, je le sais, car elle ne te veut pas pour modèle
C'est pas ma France à moi cette France profonde,
Celle qui nous fout la honte et aimerait que l'on plonge.
Ma France à moi ne vit pas dans le mensonge,
Avec le c½ur et la rage, à la lumière, pas dans l'ombre
Ma France à moi, elle a des halls, et des chambres où elle s'enferme, elle est drôle, et Jamel Debbouze pourrait être son frère. Elle repeint les murs et les trains, parce qu'ils sont ternes, elle se plait à foutre la merde car on la pousse à ne rien faire.
Elle a besoin de sport et de danse pour évacuer, va au bout de ses folies, au risque de se tuer.
Mais ma France à moi, elle vit, au moins elle l'ouvre, au moins elle rit, et refuse de se soumettre à cette France qui voudrait qu'on bouge.
Ma France à moi, c'est pas la leur, celle qui vote extrême, celle qui bannit les jeunes, anti rap sur la FM, celle qui se croit au Texas, celle qui a peur de nos bandes, celle qui vénère Sarko, intolérante et gênante, celle qui regarde Julie Lescaut et regrette le temps des choristes, qui laisse crever les pauvres et met ses propres parents à l'hospice.
Non, ma France à moi, c'est pas la leur, qui fête le beaujolais et qui prétend s'être fait baisé par l'arrivée des immigrés.
Celle qui pue le racisme, mais qui fait sans blanc d'être ouverte, cette France hypocrite qui est peut-être sous ma fenêtre.
Celle qui pense que la police a toujours bien fait son travail, celle qui se gratte les couilles à table en regardant Laurent Gerra.
Non, c'est pas ma France à moi,, cette France profonde, alors peut-être qu'on dérange, mais nos valeurs vaincront.
Et si on est des citoyens, alors aux armes la jeunesse,
Ma France à moi leur tiendra tête jusqu'à ce qu'ils nous respectent.